La vente en ligne de médicaments et de produits de parapharmacie est-elle un levier de croissance pour votre officine ?

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Marché du médicament en France

-01 %

Mois - août 2017
Pour le marché des médicaments en PFHT

-1,0 %

CMA - août 2017
Pour le marché des médicaments en PFHT

-0,8 %

CMA - août 2017
Pour le marché des médicaments prescrits et remboursables en PFHT

+0,4 %

CMA - juillet 2017
Pour le marché à l'hôpital en volume (UCD)

 

CMA = Cumul Mobile Annuel
UCD = Unité Commune de Dispensation

TOP 5 EUROPE

CLASSEMENT DES CINQ PREMIERS PAYS EUROPÉENS
(Marché ville, CA prix fabricant HT en milliards de dollars US, CMA juin2017)

 indicateur top5 europe

Source: MIDAS

 


MARCHÉ DES MÉDICAMENTS

ÉVOLUTION DU MARCHÉ DES MÉDICAMENTS
(CA prix fabricant HT, CMA août 2017)

 marche medic evolution

IMS Health, données LMPSO

 

 

PRESCRIPTIONS DELIVRÉES EN VILLE
(CA prix fabricant HT, CMA août 2017, Poids et évolution N-1)

 marche medic prescription

IMS Health, données SDM Spé

 

 

MARCHÉ DES GÉNÉRIQUES

RÉPERTOIRE AVEC GÉNÉRIQUES
(CA et taux de pénétration en unités)

 marche medic evolution

IMS Health, données SDM Génériques

 

 

MARCHÉ A L’HÔPITAL

CMA juillet 2017

 marche hopital

IMS Health, données Hospi Pharma

Marché des médicaments par type de prescripteur
(prix fabricant HT)

marche prescripteurs

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché des médicaments sur prescription/hors prescription
(prix fabricant HT)

marche prescriptions

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché des médicaments en vente libre
(prix public)

marche prescriptions

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché à l'hopital (Liste en sus vs. Hors liste en sus)
(prix public)

marche prescriptions

 

Montants portés au remboursement et remboursés
(prix public TTC)

Prescriptions de médicaments remboursables / répertoire des génériques
(prix fabricant HT)

Médicaments biologiques ville / l'hôpital
(prix fabricant HT)

Médicaments biologique en ville
(prix fabricant HT)

Les 10 premières familles de médicaments
(prix fabricant HT)

Les 10 dernières familles de médicaments
(prix fabricant HT)

Marché OTC STRICT (non remboursable et non listé)

 

Les 10 premières classes OTC2
(non remboursable)

Les 10 dernières classes OTC2
(non remboursable)

Photo de Claude Le Pen

Qu’ajouter de plus à tous les commentaires qui ont souligné la continuité du volet budgétaire du PLFSS modèle 2018 avec celui des modèles 2017, 2016, 2015, etc. ? Même logique, mêmes postes d’économies, mêmes ajustements tarifaires sur à peu près les mêmes postes, même contribution du médicament qui procure à lui seul la plus grande part des 4,165 milliards d’euros d’économies nécessaires.

Claude Le Pen, Professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine

Marché ville plat en août 2017 par rapport à août 2016 avec un petit +0,1% pour le remboursable compensé par un gros -1,9% pour le non remboursable. Soit -0,1% pour l’ensemble du marché. En tendance, on reste sur une pente annuelle de -1% soit 195 millions d’euros de chiffre d’affaires en moins par rapport à 2016. Soumise au cycle de l’innovation et de la générication, la croissance moyenne du marché cache de très importantes disparités entre des produits nouvellement lancés comme l’anticoagulant Eliquis®, l’antidiabétique Trulicity® ou l’anti-cholestérol Liptruzet® dont les chiffres d’affaires mensuels ont progressé en un an de 50 à 100%, et des ex-vedettes comme Crestor® ou Glivec® dont les ventes (importantes) ont perdu jusqu’à 70% de leur valeur en raison de leur générication récente. Des écarts spécifiques à la pharma où la perte de brevet précède l’obsolescence technologique. L’hôpital poursuit une croissance régulière à un rythme annuel de 8 à 9% à prix catalogue, aussi bien pour les produits GHS que ceux inscrits sur la liste en sus. D’où une croissance globale de l’ordre de +2%/an hors remises, rabais, ristournes. Le taux de pénétration des génériques au sein du répertoire reste stable à 76% en unités et le gouvernement vient de reconduire pour 2018 la campagne pro-générique qui avait été lancée par Marisol Touraine en 2016 mais dont on peine à trouver l’effet dans les chiffres du marché. 

Le PLFSS pour 2018 inscrit un objectif d’économies de 340 millions d’euros au titre « Promotion et développement du générique » soit le même chiffre que l’année dernière. Le texte ne détaille pas ce qui est imputable à de nouvelles générications et à des baisses de prix sur les produits existants. Les deux seuls médicaments mentionnés plus haut engendreront en 2017 environ 100 millions d’euros d’économies en prix publics, en raison à la fois de la chute des volumes et des prix des princeps. Des économies que la Cour des comptes a tendance à considérer en partie comme des « économies de constatation » et non comme l’effet de mesures volontaristes. Ce qui pose le redoutable problème de « construction » de l’ONDAM, et de la détermination des hypothèses d’évolution « tendancielle » par rapport à laquelle sont calculées les économies. Les génériques font ils partie du tendanciel ? Cela se discute. On pourrait considérer que les chutes de brevet n’ont rien à voir avec la LFSS et que de toute manière, LFSS ou non, ils produiraient des économies comme dans tous les pays « LFSS free ».

 

Qu’ajouter de plus à tous les commentaires qui ont souligné la continuité du volet budgétaire du PLFSS modèle 2018 avec celui des modèles 2017, 2016, 2015, etc. ? Même logique, mêmes postes d’économies, mêmes ajustements tarifaires sur à peu près les mêmes postes, même contribution du médicament qui procure à lui seul la plus grande part des 4,165 milliards d’euros d’économies nécessaires.

La faute au gouvernement ? Peut-être mais surtout à cette logique perverse des LFSS annuelles, mainte fois dénoncée, qui biaise les économies en faveur des mesures tarifaires à court terme au détriment des mesures structurelles. 

L’exercice, on le sait, consiste, à ajuster une croissance tendancielle estimée à 4,5% à une croissance voulue qui est cette année de 2,3%. Faites le calcul en partant d’une base de 190 milliards d’euros (l’ONDAM 2017) et vous tombez sur un chiffre de 4,18 milliards d’euros soit, à peu près, le montant du plan de 4,165 milliards d’euros en progression de 115 millions d’euros par rapport au plan de 2017. 

Et cela va s’accentuer : la différence entre deux croissances à taux constants étant elle-même croissante (mais pas à taux constant), il faut s’attendre à des plans toujours plus sévères. En « rebasant » chaque année et en conservant les mêmes hypothèses de croissance tendancielle et de croissance voulue, il faudra faire 4,39 milliards d’euros d’économies en 2019, 4,59 milliards d’euros en 2020, 4,80 milliards d’euros en 2021,       5,01 milliards d’euros en 2022, etc… Jusqu’ à quand ? C’est une logique absurde dont on attend du gouvernement qu’il en sorte avant la fin de quinquennat.

 

Mais le PLFSS ne se réduit pas à ce volet budgétaire. Il décline au long de ses 57   articles des mesures qui façonnent notre système de santé. Celui-ci, qui était au départ typiquement « bismarckien », évolue, de petits pas en petits pas, vers une organisation « beveridgienne » sous l’effet des mesures de fiscalisation, d’universalisation et d’étatisation prises par les gouvernements successifs depuis le début des années 90. 

Le PLFSS 2018 comporte deux pas de plus dans cette direction. Un petit pas avec l’article 7 qui transfère sur la CSG le résidu des 0,75% de cotisations « salariales »qui avaient échappé au « basculement » de 1998. Et un grand pas avec l’article 11 qui supprime le RSI, victime de ses dysfonctionnements, dont les ressortissants seront, dans deux ans, complétement intégrés au Régime général. On avance ainsi vers le Régime unique propre aux systèmes « beveridgiens ». On y est presque : les dépenses de la branche maladie du nouveau Régime général élargi représenteront 210,6 milliards d’euros sur les 211,7 milliards d’euros de l’ensemble des régimes de base en 2018 !

Pour parachever la métamorphose, il faudrait supprimer les complémentaires santé, basculer les charges patronales sur la CSG, puis la CSG sur l’IRPP, abolir la médecine libérale à la française et… rationner les soins. On n’y est pas encore mais certains y     songent. Et il n’est pas dit qu’ils n’y arriveront pas !

 

Le PLFSS de l’année dernière comportait de nombreuses mesures concernant le médicament : la dissociation des taux Lv-Lh (Art.18), la création du FFIP (Art.49), l’interchangeabilité des biosimilaires (Art. 50), la réforme des ATU (Art.51), la « sécurisation » des pouvoirs du CEPS (Art.52), etc. 

Rien de tel dans la version 2018 qui comporte finalement assez peu de dispositions spécifiques au médicament. On notera la fixation des taux Lv (0%) et Lh (3%) pour 2018 (Art.14), l’expérimentation de nouvelles formules de tarification des médicaments onéreux dans les établissements de santé sans autres détails (Art. 35), la renégociation des tarifs en cas de RTU (Art. 38) et c’est à peu près tout. L’article 34 inscrit l’obligation vaccinale pour les fameux 11 vaccins pédiatriques mais c’est une mesure de santé publique dont l’effet économique est très faible. De même, les dispositions de l’art. 38 sur la « liste en sus » hospitalière concernent peu le médicament : il supprime les minorations tarifaires hospitalières pour les séjours au cours desquels des produits LES ont été utilisés, instaure tarif unique princeps/génériques ou référence/biosimilaire qui existe déjà en pratique et facilite la facturation des clients relevant de régimes étrangers de sécurité sociale. 

En revanche le projet de loi s’intéresse de très près au DM avec l’instauration d’une charte des délégués commerciaux sur le modèle de la charte de la VM du médicament (Art. 40) et surtout le renforcement de la régulation du marché par le CEPS (Art.41). Celui-ci pourra baisser les prix si les volumes cibles sont dépassés, s’assurer de la qualité des données de marché en pénalisant les entreprises qui fourniraient des chiffres erronés, instaurer des remises à l’instar de ce qui existe pour le médicament. Il reçoit en contrepartie des moyens supplémentaires sous la forme de détachement d’agents de la CNAMTS.

Une mesure toutefois attendue par la profession : la réforme du forfait innovation, qui était censé être pour le secteur du DM l’équivalent des ATU pour celui du médicament : le dispositif est un échec et l’article 35 en prévoit la réforme.             

 

Quasi-silence sur le biosimilaire. Quatre ans après l’introduction surprise du droit de substitution officinal, l’Etat ne sort pas de son ambiguïté doctrinale. Alors que le 19 septembre dernier, l’ANSM sortait, en application d’une loi non appliquée, sa « liste de référence » de 11 « originators» et de 28 biosimilaires, le PLFSS appelle à « inciter les professionnels de santé à une juste prescription, notamment pour les médicaments biosimilaires prescrits par un médecin hospitalier » (Art. 35). Si on ajoute à cela que la nouvelle ROSP incite à la prescription de biosimilaires de l’insuline glargine, qu’en revanche la convention des pharmaciens est muette sur ce sujet et que la Cour des comptes s’insurge sur le prix excessif payé aux pharmaciens pour la substitution générique, et on est en droit de penser que l’option prescription l’emporte sur finalement l’option substitution, privilégiée au départ par l’Etat. Tout cela restant implicite et ambigu…

Ce n’est pas le seul cas d’ambiguïté. Ainsi l’exposé des motifs de l’article 35 explique qu’il met en place un cadre expérimental visant à « développer les modes d’exercice regroupés » et à « favoriser la présence de professionnels de santé dans les zones les plus fragilisées à faible densité médicale ». Deux mesures contradictoires mais très largement partagées. Le regroupement inéluctable de l’offre de soins primaire augmente mécaniquement la distance entre le patient et son médecin… Une conclusion froide et objective qu’il est difficile à « vendre » à l’opinion publique.

 

Mais pour rester positif, on terminera ce rapide examen du PLFSS par quelques bonnes nouvelles :

  • Poussé par la bonne dynamique de la masse salariale – et par la sévérité du plan de maitrise ! – le déficit de la Sécu va continuer de se résorber et, en 2018, seule la branche maladie restera (faiblement) déficitaire (- 800 millions d’euros), l’ensemble des régimes dégageant pour la première fois depuis 2001 un excédent de 1,2 milliards d’euros hors FSV (Art. 20). 
  • La CADES, qui porte la dette depuis 1996 à long terme de la Sécu, va continuer à se     désendetter avec un solde à amortir qui va tomber à 106 milliards d’euros à fin 2018 (Art. 22). 
  • La télémédecine sort de son cadre expérimental et l’acte de téléconsultation par     vidéotransmission fait son entrée dans le   domaine conventionnel (Art. 36). 
  • L’aide à la création de petites entreprises est renforcée avec un nombre de bénéficiaires potentiels qui devrait passer de 250.000 à 600.000 (Art.9). 
  • De nouvelles expérimentations devraient   permettre d’encourager l’exercice médical groupé, de décloisonner les prises en charge et d’optimiser les parcours de santé (Art.35). 
  • Les hôpitaux reçoivent près de 500 millions d’euros – ce qui n’est pas rien – via le Fonds de modernisation des établissements de santé publics et privés (FMESPP) pour des investissements immobiliers, la modernisation des systèmes d’information et la création de plateformes de séquençage génomique (Art.52). 
  • Toute une série de simplifications sont proposées, notamment celle des modalités       d’inscription d’un acte à la nomenclature ou la suppression du dispositif de dégressivité de tarifs hospitaliers, introduit il y a deux ans, qui était censé corriger les effets inflationnistes de la T2A mais qui s’est avéré lourd et inefficace. De temps en temps, l’Etat fait son mea culpa…et c’est bien.