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Marché du médicament en France

+4,9 %

Mois - juillet 2018
Pour le marché des médicaments en PFHT

+0,6 %

CMA - juillet 2018
Pour le marché des médicaments en PFHT

+1,1 %

CMA - juillet 2018
Pour le marché des médicaments prescrits et remboursables en PFHT

+0,3 %

CMA - juin 2018
Pour le marché à l'hôpital en volume (UCD)

 

CMA = Cumul Mobile Annuel
UCD = Unité Commune de Dispensation

TOP 5 EUROPE

CLASSEMENT DES CINQ PREMIERS PAYS EUROPÉENS
(Marché ville, CA prix fabricant HT en milliards de dollars US, CMA mai 2018)

 indicateur top5 europe

Source: MIDAS

 


MARCHÉ DES MÉDICAMENTS

ÉVOLUTION DU MARCHÉ DES MÉDICAMENTS
(CA prix fabricant HT, CMA juillet 2018)

 marche medic evolution

IMS Health, données LMPSO

 

 

PRESCRIPTIONS DELIVRÉES EN VILLE
(CA prix fabricant HT, CMA juillet 2018, Poids et évolution N-1)

 marche medic prescription

IMS Health, données SDM Spé

 

 

MARCHÉ DES GÉNÉRIQUES

RÉPERTOIRE AVEC GÉNÉRIQUES
(CA et taux de pénétration en unités)

 marche medic evolution

IMS Health, données SDM Génériques

 

 

MARCHÉ A L’HÔPITAL

CMA juin 2018

 marche hopital

IMS Health, données Hospi Pharma

Marché des médicaments par type de prescripteur
(prix fabricant HT)

marche prescripteurs

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché des médicaments sur prescription/hors prescription
(prix fabricant HT)

marche prescriptions

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché des médicaments en vente libre
(prix public)

marche prescriptions

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché à l'hopital (Liste en sus vs. Hors liste en sus)
(prix public)

marche prescriptions

 

Montants portés au remboursement et remboursés
(prix public TTC)

Prescriptions de médicaments remboursables / répertoire des génériques
(prix fabricant HT)

Médicaments biologiques ville / l'hôpital
(prix fabricant HT)

Médicaments biologique en ville
(prix fabricant HT)

Les 10 premières familles de médicaments
(prix fabricant HT)

Les 10 dernières familles de médicaments
(prix fabricant HT)

Marché OTC STRICT (non remboursable et non listé)

 

Les 10 premières classes OTC2
(non remboursable)

Les 10 dernières classes OTC2
(non remboursable)

Photo de Claude Le Pen

Un ONDAM 2019 à 2,4% ? Ce serait un dixième de point de mieux que ce qui avait été annoncé (+2,3%,), soit un « bonus » de 200 millions d’euros environ. Cela allègera d’autant un plan d’économie qui restera sévère car, comme on le sait, la croissance spontanée des dépenses publiques de santé se situe plutôt aux alentours de 4,0/4,5%. Un peu de patience pour connaître l’addition 2019…

Claude Le Pen, Professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine

+5,9% de croissance au mois de juillet pour le pharmaceutique marché officinal. Du jamais vu depuis mai 2011 ! Une performance exceptionnelle ? Un rebond du marché pharma après des années de marasme ? Non. Plutôt l’effet mécanique de tous les « passages en ville » intervenus en mars et avril derniers et qui ont commencé à se faire sérieusement sentir. Une série de « gros » produits essentiellement en oncologie (Ibrance*, Imbruvica*, Cabometyx*, Lonsurf*, Venclyxcto*) et dans l’hépatite C (Maviret*, Sovaldi*, Epclusa*, Vosevi*) sont en effet dorénavant disponibles à l’officine sous statut de médicament d’exception alors qu’ils étaient réservés aux collectivités. Au vu des prix publiés de certains de ces produits, on comprend que les pouvoirs publics cherchent à déconnecter les marges de distribution du prix des produits : l’écart entre le PPTTC (14.424,12€) et le PFHT (14.000,00€) de Maviret*, le premier AAD disponible en ville, n’est ainsi « que » de 3%. A eux seuls les 9 produits cités plus haut ont ajouté plus de 65 millions d’euros aux ventes de juillet 2018 par rapport à 2017 … et allégé d’autant les ventes hospitalières. Celles-ci baissent en effet de -6,4% (à prix catalogue) au détriment essentiellement de la « liste en sus » sur laquelle figuraient la plupart des produits concernés (-9.5%). Ces transferts entre circuits de distribution justifient la proposition du CSIS d’en finir avec la distinction Lv-Lh. Pourquoi deux systèmes de régulation quand il suffit d’un simple arrêté ministériel pour passer d’une catégorie à l’autre ?

Un ONDAM 2019 à 2,4% ? Ce serait un dixième de point de mieux que ce qui avait été annoncé (+2,3%,), soit un « bonus » de 200 millions d’euros environ. Cela allègera d’autant un plan d’économie qui restera sévère car, comme on le sait, la croissance spontanée des dépenses publiques de santé se situe plutôt aux alentours de 4,0/4,5%. Un peu de patience pour connaître l’addition 2019… Mais tant pour le bilan 2018 que pour les prévisions 2019, deux phénomènes nouveaux doivent être pris en compte : le ralentissement de la croissance économique et la relance de l’inflation. Alors que Bercy espérait une croissance du PIB en 2018 de 2% au moins, dans la ligne des 2,2% de 2017, la prévision a été revue à la baisse et s’établit désormais à 1,7%, ce qui est une mauvaise nouvelle pour l’emploi et le déficit. Pour l’ONDAM c’est plus compliqué puisque, contrairement au PIB qui s’exprime en volume, c’est-à-dire aux prix de l’année précédente, l’ONDAM est formulé en valeur, c’est-à-dire aux prix courants. Or, l’inflation a nettement accéléré ces dix derniers mois. Sur les 12 derniers mois à fin août 2018, elle s’est élevée à 2,3%1, contre 0,9% à fin août 2017. Si en 2017, le PIB en volume et le PIB en valeur étaient assez proches (+2,2% vs. 2,8%), il faut s’attendre à un écart plus     important en 2018 (1,7% vs 3/4% ?) et,   vraisemblablement, en 2019. D’un côté, cela rend l’atteinte de l’objectif ONDAM plus   facile. Mais cet effet bénéfique a son revers pour les professionnels de la santé. Car si la hausse générale des prix est de +2,3%, celle des biens et services de santé est négative (-0,9%). Contrairement à une opinion courante, les français paient de moins en moins cher leurs biens et services de santé. C’est sans doute pour eux (et la Sécu) une bonne nouvelle, mais pas pour les professionnels qui voient à la fois baisser les prix de     marché de leur production et augmenter ceux des facteurs de production. D’où la double peine que pourrait promettre aux producteurs de soins la LFSS pour 2019 : un plan d’économies sévère accompagné d’une érosion des marges !    

 

Le rapport sur « l’amélioration de l’information des usagers et des professionnels de santé sur le médicament » commandé par la Ministre de la santé après l’« affaire Lévothyrox » est un brin décevant. Rien de bien nouveau dans l’analyse - que l’on   partage - mais un catalogue de recommandations (57 en 4 chapitres) partant un peu dans tous les sens dont beaucoup relèvent de vœux plus ou moins pieux. Pas d’audace et pas de suggestions « disruptives » selon le terme à la mode.

Une des questions qui s’était posée - justifiant en partie la mission - était de savoir, si en situation de crise (rupture d’approvisionnement, rappel de lots, pharmacovigilance, etc.) un laboratoire pouvait être autorisé à fournir des éléments d’information et d’explication directement au grand public. C’est, on le sait, une suggestion du CODEEM, le Comité d’éthique du LEEM. Sans surprise, la réponse est négative. Tout en reconnaissant que la mission était divisée sur ce point, elle conclut à l’impossibilité pratique de distinguer entre publicité et information « due au public » selon les termes du CODEEM. En réalité, ce n’est pas si compliqué que cela mais on imagine facilement les réactions qu’aurait suscité une telle ouverture dans les « médias sociaux » bien connus pour leur sens des nuances !

Toute la philosophie de ce rapport de       96 pages tient en deux phrases : 1. Il faut renforcer le monopole public sur la communication de crise ; 2. Celle-ci doit davantage tenir compte des signaux dits « faibles » et ascendants s’exprimant en dehors des     circuits officiels (i.e. essentiellement sur les réseaux sociaux !). OK, mais ce n’est pas si simple. Dans la partie diagnostique, la meilleure, le rapport note que « la confiance interpersonnelle [entre le médecin et son   patient] qui demeure un point d’appui fort de notre système de santé, n’est plus suffisante pour faire face au   contexte actuel de défiance institutionnelle accrue ». C’est exact et c’est même une des tendances les plus préoccupantes de l’époque que cette défiance généralisée   vis-à-vis des « institutions » qu’il s’agisse de la Science, de l’Etat ou même de l’école… Attisée par les médias sociaux elle ouvre la voie au repli identitaire (il n’y de vérité que dans mon entourage immédiat), aux complotismes, aux populismes divers, etc. Mais suffit-il de renforcer le monopole des institutions pour les rendre plus crédibles ? On me permettra d’en douter. Le problème est beaucoup plus profond comme le montre l’exemple de la vaccination. La crédibilité d’une institution dépend finalement assez peu de la pertinence de ses messages ! Un message rigoureux et scientifique peut n’être ni entendu ni écouté si on doute apriori de la source ! C’est un des problèmes de communication de l’industrie pharma, mais c’est aussi celui plus général des grandes institutions. Cette défiance est regrettable - et même dangereuse - mais c’est une des caractéristiques de notre époque. La solution n’est pas simple…

Quant à l’écoute plus attentive des réseaux sociaux, on ne peut être en désaccord même si, comme le rappelait lors de la conférence de presse du 8 décembre dernier les responsables de l’ANSM – Dominique   Martin et Antoine Pariente – des études américaines ont montré que l’écoute des réseaux sociaux avait finalement peu de   valeur ajoutée par rapport aux circuits   classiques en matière de pharmacovigilance ! Là encore, pas de « magic bullet » !

 

Finalement la Ministre a officiellement  extrait du rapport six mesures qu’elle s’est engagée à mettre en place dans l’année qui vient (pas sûr, soit dit en passant, que ces mesures n’étaient pas déjà prêtes préalablement au rapport). Cela ne sera pas très compliqué car elles ont le grand mérite de pouvoir être mises en place au prix de légers amendements aux dispositifs  existants !

C’est le cas de la mesure phare (N°1), la « source d’information publique » sur le médicament qui rassemblera les données existantes de la « base de données médicaments » et du site « medicaments.gouv.fr ». Rien de nouveau non plus avec le DP et le DMP que la Ministre veut promouvoir     auprès du grand public (N°2). Ce qui ne sera pas facile. Confier à l’ANSM un monopole de la communication publique appuyé sur le « Centre d’appui aux situations d’urgence, aux alertes sanitaires et à la gestion des risques » (CASAR) créé mi-2017 (N°3) peut en effet réduire la cacophonie, tout en     posant toutefois l’épineux problème de la parole politique dans ces situations où     l’opinion attend moins des informations techniques que des explications, de l’engagement et des décisions.

Le repérage des « signaux faibles » s’exprimant essentiellement sur les réseaux sociaux en dehors des circuits de pharmacovigilance (N°4) est déjà plus ou moins en place à l‘ANSM. Affilier à l’outil d’alerte DGS-Urgent (N°5) – un peu rébarbatif – tous les médecins, et pas seulement les volontaires, n’est pas révolutionnaire. Enfin, offrir un siège aux associations de patients au CEPS (N°6) s’inscrit dans une tendance constante d’élargissement de la représentation des « usagers » mais a en réalité rien à voir avec l’« affaire » !

Question : si ces six mesures avaient été en vigueur à l’époque, cette dernière aurait-elle pu être évitée ?

Réponse : pas sûr, précisément parce qu’elles étaient, toutes ou presque, déjà en place au moins partiellement.

 

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1INSEE Conjoncture, Information rapide n°225, 31/08/2018