La vente en ligne de médicaments et de produits de parapharmacie est-elle un levier de croissance pour votre officine ?

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Marché du médicament en France

-2,1 %

Mois - juin 2017
Pour le marché des médicaments en PFHT

-1,0 %

CMA - juin 2017
Pour le marché des médicaments en PFHT

-0,9 %

CMA - juin 2017
Pour le marché des médicaments prescrits et remboursables en PFHT

+0,7 %

CMA - mai 2017
Pour le marché à l'hôpital en volume (UCD)

 

CMA = Cumul Mobile Annuel
UCD = Unité Commune de Dispensation

TOP 5 EUROPE

CLASSEMENT DES CINQ PREMIERS PAYS EUROPÉENS
(Marché ville, CA prix fabricant HT en milliards de dollars US, CMA avril 2017)

 indicateur top5 europe

Source: MIDAS

 


MARCHÉ DES MÉDICAMENTS

ÉVOLUTION DU MARCHÉ DES MÉDICAMENTS
(CA prix fabricant HT, CMA juin 2017)

 marche medic evolution

IMS Health, données LMPSO

 

 

PRESCRIPTIONS DELIVRÉES EN VILLE
(CA prix fabricant HT, CMA juin 2017, Poids et évolution N-1)

 marche medic prescription

IMS Health, données SDM Spé

 

 

MARCHÉ DES GÉNÉRIQUES

RÉPERTOIRE AVEC GÉNÉRIQUES
(CA et taux de pénétration en unités)

 marche medic evolution

IMS Health, données SDM Génériques

 

 

MARCHÉ A L’HÔPITAL

CMA mai 2017

 marche hopital

IMS Health, données Hospi Pharma

Marché des médicaments par type de prescripteur
(prix fabricant HT)

marche prescripteurs

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché des médicaments sur prescription/hors prescription
(prix fabricant HT)

marche prescriptions

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché des médicaments en vente libre
(prix public)

marche prescriptions

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché à l'hopital (Liste en sus vs. Hors liste en sus)
(prix public)

marche prescriptions

 

Montants portés au remboursement et remboursés
(prix public TTC)

Prescriptions de médicaments remboursables / répertoire des génériques
(prix fabricant HT)

Médicaments biologiques ville / l'hôpital
(prix fabricant HT)

Médicaments biologique en ville
(prix fabricant HT)

Les 10 premières familles de médicaments
(prix fabricant HT)

Les 10 dernières familles de médicaments
(prix fabricant HT)

Marché OTC STRICT (non remboursable et non listé)

 

Les 10 premières classes OTC2
(non remboursable)

Les 10 dernières classes OTC2
(non remboursable)

Photo de Claude Le Pen

Si les projets fiscaux du gouvernement sont quelque peu contrariés, le basculement sur la contribution sociale généralisée (CSG) des 0,25% résiduels de la part dite « salariale » des cotisations maladie est un non-évènement. Du moins au plan financier. Cela représente certes 4,6 milliards d’euros mais la part dite « patronale » est de 79,3 milliards d’euros !

Claude Le Pen, Professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine

Avec une évolution négative de -1.5% en PFHT le premier semestre 2017 a été médiocre pour le marché pharma ville. En cumul mobile annuel franchit, il repasse sous la barre de -1% ce qui n’était pas arrivé depuis mars 2016. Et comme nous l’observons depuis plusieurs mois, c’est le tassement des unités et tout spécialement celui de la prescription médicale qui ralentit le marché : en juin -3,8%.

Et, de fait, dans son très récent et très intéressant Rapport « Charges & Produits 2018 », la CNAMTS se félicite du succès de sa politique de « maîtrise médicalisée » (partie 3, chapitre 2) qui constitue le volet volume de la politique du médicament. De 2005, date de son lancement, à 2016, elle considère que la MM lui a fait économiser 6,4 milliards d’euros, essentiellement (mais pas exclusivement) sur le médicament, soit plus de 600 millions d’euros par an. Ça marche bien, dit-elle, pour les antibiotiques, les hypolipidémiants, les antihypertenseurs, les antidiabétiques ; moins bien pour les traitements de la rétine, de l’hépatite C ou les antidépresseurs. Ce qui est finalement assez logique et même rassurant : patients et médecins obéissent sélectivement aux « conseils » de la CNAMTS en fonction de la solidité de l’argumentation, des preuves cliniques, des alternatives, etc.

Mais il faut relativiser cette contribution. L’autre volet, le volet prix qui est de la responsabilité de l’Etat, reste de loin le plus efficace. Si le chiffre d’affaires hors taxes des statines a baissé de 35% ces 5 dernières années, cela n’est imputable ni à la générication qui plafonne à des niveaux très élevés (plus de 90% en unités), ni à une baisse de la consommation qui aurait plutôt augmenté (+ 10% en UCD) mais aux prix qui ont baissé de 40% pour les génériques et de 35% pour les princeps !

De son côté avec un taux de 9% sur les 5 premiers mois de l’année, le marché hôpital rattrape un peu la sous-performance du marché ville mais cette estimation à prix catalogue surestime la croissance.

Au total cependant les dépenses 2017 à mi-parcours paraissent en ligne avec les prévisions officielles. Les chiffres de la CNAMTS – qui incluent la rétrocession – restent très modérés à 0,2% en données brutes. Les participants à la table ronde sur la régulation du médicament lors des Universités de Pharmaceutiques étaient confiants que les clauses de sauvegardes Lh et Lv ne seront pas déclenchées en 2017.

 

 

Si les projets fiscaux du gouvernement sont quelque peu contrariés, le basculement sur la contribution sociale généralisée (CSG) des 0,25% résiduels de la part dite « salariale » des cotisations maladie est un non-évènement. Du moins au plan financier. Cela représente certes 4,6 milliards d’euros mais la part dite « patronale » est de 79,3 milliards d’euros ! Plus que la CSG dont la CNAM-Maladie percevra 71 milliards d’euros sur les 98 qui seront collectés en 20171. L’évènement, le vrai, a eu lieu en 1998 quand le gouvernement Jospin a basculé sur la CSG les 6,80% du salaire brut que représentait à l’époque cette part « salariale ».

Petit évènement financier – sauf pour les retraités appelés à compenser le manque à gagner de l’Etat – ce nouveau basculement est un nouveau pas dans la logique d’étatisation de l’assurance-santé… Sauf que pour aller au bout de cette logique qui veut que le risque maladie soit un risque sociétal devant être financé par des prélèvements universels, il faudrait également basculer sur la CSG (ou sur la TVA) les 12,89% de la part « patronale ». Soit près de 6 points de CSG !

Ce n’est donc pas pour demain et on continuera de faire supporter au secteur productif un risque sociétal. Et à entretenir la fiction d’une différence de nature entre charges « salariales » et charges « patronales »…

 1Recettes prévisionnelles de la CNAM-Maladie selon « Les Comptes de la sécurité sociale », Juillet 2017.

On ne rappellera pas ici les effets du fameux décret n° 2016-349 du 24 mars 2016 qui a mis en place une véritable « usine à gaz » pour la gestion de la « liste en sus ». Notamment, des effets potentiellement désastreux sur l’accès à certains médicaments qui ont obtenu une amélioration du service médical rendu (ASMR) IV de la haute autorité de santé (HAS) mais qui : i) ne répondent pas aux critères d’inscription ; ii) sont infinançables dans le cadre des groupes homogènes de séjours (GHS). Sous ses allures technocratiques, ce décret rompait avec deux doctrines fondatrices de notre système de santé : le droit de tout patient à un traitement s’étant vu reconnaître une ASMR et l’égalité entre patients puisque certains établissements se débrouillent pour financer ces médicaments « à perte » sur leur budget propre et d’autres non.

Sans critiquer (officiellement) cette disposition, le rapport C&P de la CNAMTS cité plus haut, propose une solution beaucoup plus simple et beaucoup plus équitable: « si la HAS estime que ces produits ne font pas mieux que ceux qui sont dans les tarifs des séjours (ASMR V), il n’y a donc plus de     raison de les rembourser en plus des     tarifs , et il est préférable d’inciter les établissements de santé à utiliser les molécules les moins coûteuses » (Partie 2, chapitre 3).

Au passage la CNAMTS fait opportunément remarquer que la croissance de la liste en sus (LES), qui représente environ 3 milliards d’euros, est relativement modérée. Les chiffres IMS (prix catalogue) confirment : 3% en tendance annuelle contre 12% pour le hors LES. Et c’était déjà le cas avant l’entrée en vigueur du décret…

 

 

Le Rapport C&P, encore lui, comporte un chapitre intitulé « prix du médicament », consacré aux anticancéreux, qui reprend la méthodologie d’une étude du très prestigieux National Bureau for Economic Research, (NBER) de Cambridge qui s’est toujours intéressé à la santé2.

Partant d’une base de données de 58 molécules lancées aux Etats-Unis entre 1995 et 2013, les auteurs montrent que le prix de lancement des nouvelles molécules a augmenté de 10% en moyenne chaque année après ajustement pour l’inflation et les gains en survie. En moyenne le prix des médicaments procurant une année de vie supplémentaire serait passé de 54.100 dollars US en 1995 à 216.000 dollars US en 2014.

Les analystes de la CNAMTS ont appliqué la même méthodologie à 63 molécules ayant obtenu de la Commission de la transparence (CT) une première inscription dans le cancer entre 1995 et 1996. Ils montrent que le prix de ces produits, ramené au gain d’une année de vie, a connu une tendance identique : il est passé de 15.877 euros en 1996 à 175.968 euros en 2016, soit une croissance moyenne de +13% par an.

Ces chiffres ne représentent pas le coût d’une année de vie gagnée dans le cancer qui, d’une part, inclut d’autres éléments que le médicament et, d’autre part, enregistre la baisse des prix des produits génériqués dans les protocoles. Les auteurs américains sont bien clairs sur ce point. Leur étude – et partant de celle de la CNAMTS – ne porte que sur le « pricing at launch ».

Ils retiennent principalement deux facteurs explicatifs. D’abord, ce qu’ils appellent la pratique des « prix de référence ». Chaque produit qui arrive sur le marché crée un standard de prix qui sert de marchepied au produit suivant, même s’il n’est pas dans la même indication. D’où un mécanisme de hausse cumulative qui n’aurait comme limite que les effets sur la réputation des firmes et l’indignation morale des cancérologues.   

Le second facteur est celui des remises et rabais imposés par la législation américaine au titre du programme 340B de 1992 que nous avons déjà évoqué ici. Très schématiquement cette législation oblige les laboratoires à consentir de larges rabais à des acheteurs agréés (hôpitaux, centre de soins, institutions, etc.) sans que ceux-ci soient tenus de les répercuter sur les payeurs (assureurs) ! Le chiffre d’affaires   réalisé en 2016 sur les bénéficiaires du   programme serait de US $ 16 Mds et il   serait en croissance. Selon les auteurs, ce programme aurait l’effet pervers de renchérir les prix nominaux.

Les analyses de la CNAMTS ne donnent pas d’explications autres que la critique de l’argument des coûts croissants de la R&D… Les auteurs américains, sans le contester, avouent être incapables de l’évaluer empiriquement3. Ils ne voient pas de changements radicaux dans la dynamique des prix à court terme et, à long terme, ils ne tranchent pas entre une vue «optimiste » qui anticipe de larges gains dans la lutte contre le cancer, et la vue « pessimiste » selon laquelle les règles tarifaires courantes constitueraient une désincitation à la recherche. Leurs options libérales les amèneraient plutôt à renforcer les mécanismes concurrentiels par une meilleure information des cliniciens et des acheteurs/payeurs et à limiter l’usage du programme 340B.

La CNAMTS propose quelques pistes assez classiques, déjà dans le débat public : des prix moins élevés en cas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) précoce obtenue à partir d’études de phase 2, des évaluations d’efficacité en « vie réelle », la mise en place d’ « accords de partage de risque », des révisions plus fréquentes et plus réactives à l’arrivée de nouveaux produits. Mais dans le cancer – et notamment aux stades avancés – les protocoles d’évaluations cliniques ne diffèrent pas sensiblement de la « vie réelle », et les accords de partage de risques soulèvent de trop nombreux problèmes pour devenir une pratique routinière.

  

 

2Howard DH, Bach PB, Berndt ER et Conti RM: Pricing in the market for anticancer drugs, NBER Working Paper 20867 (http://www.nber.org/papers/w20867). Ces auteurs ne sont pas suspects d’être idéologiquement hostiles à l’industrie pharma. Ils déclarent des relations avec Pfizer, Genentech, Mc Kinsey, le BCG, IMS, l’association américaine des entreprises de biotech, etc.

3“Lacking measures of research and development costs, we are unable to evaluate the claim empirically”