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Marché du médicament en France

+0,8 %

Mois -décembre 2018
Pour le marché des médicaments en PFHT

+2,1 %

CMA - décembre 2018
Pour le marché des médicaments en PFHT

+2,5 %

CMA - décembre 2018
Pour le marché des médicaments prescrits et remboursables en PFHT

+1,3 %

CMA - décembre 2018
Pour le marché à l'hôpital en volume (UCD)

 

CMA = Cumul Mobile Annuel
UCD = Unité Commune de Dispensation

TOP 5 EUROPE

CLASSEMENT DES CINQ PREMIERS PAYS EUROPÉENS
(Marché ville, CA prix fabricant HT en milliards de dollars US, CMA mai 2018)

 indicateur top5 europe

Source: MIDAS

 


MARCHÉ DES MÉDICAMENTS

ÉVOLUTION DU MARCHÉ DES MÉDICAMENTS
(CA prix fabricant HT, CMA juillet 2018)

 marche medic evolution

IMS Health, données LMPSO

 

 

PRESCRIPTIONS DELIVRÉES EN VILLE
(CA prix fabricant HT, CMA juillet 2018, Poids et évolution N-1)

 marche medic prescription

IMS Health, données SDM Spé

 

 

MARCHÉ DES GÉNÉRIQUES

RÉPERTOIRE AVEC GÉNÉRIQUES
(CA et taux de pénétration en unités)

 marche medic evolution

IMS Health, données SDM Génériques

 

 

MARCHÉ A L’HÔPITAL

CMA juin 2018

 marche hopital

IMS Health, données Hospi Pharma

Marché des médicaments par type de prescripteur
(prix fabricant HT)

marche prescripteurs

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché des médicaments sur prescription/hors prescription
(prix fabricant HT)

marche prescriptions

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché des médicaments en vente libre
(prix public)

marche prescriptions

Fiche produit LMPSO, cliquez ici

Marché à l'hopital (Liste en sus vs. Hors liste en sus)
(prix public)

marche prescriptions

 

Montants portés au remboursement et remboursés
(prix public TTC)

Prescriptions de médicaments remboursables / répertoire des génériques
(prix fabricant HT)

Médicaments biologiques ville / l'hôpital
(prix fabricant HT)

Médicaments biologique en ville
(prix fabricant HT)

Les 10 premières familles de médicaments
(prix fabricant HT)

Les 10 dernières familles de médicaments
(prix fabricant HT)

Marché OTC STRICT (non remboursable et non listé)

 

Les 10 premières classes OTC2
(non remboursable)

Les 10 dernières classes OTC2
(non remboursable)

Photo de Claude Le Pen

Croissance en trompe l’œil et nouveaux modes de financement. Le monde de la santé a donné un large écho au rapport de la « task-force » sur la « réforme des modes de financement et de régulation » des soins de santé en France dirigé par le Directeur de la DREES, Jean-Marc Aubert.

Claude Le Pen, Professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine

Avec +2,1% de croissance dont +2,6% pour les médicaments remboursables, le marché officinal français a connu en 2018 sa meilleure performance depuis près de 10 ans. Il faut remonter à 2009 pour trouver une petite croissance positive de +0,8% dont +1,0% pour le remboursable. La croissance a été nulle en 2010 et 2011 et négative entre 2012 et 2017 avec deux années particuliè-rement basses en 2012 et 2013 (-2,3%). Mais on sait que le bon chiffre de 2018 ne doit pas faire illusion : si on enlève les nom-breux produits sortis de la réserve hospitalière (RO) en 2018, soit environ 510 millions d’euros en PFHT, la croissance du marché remboursable tombe à -0,3% et celle du marché total à -0,6%. C’est un peu mieux qu’en 2017 (-0,9% et -1,2% respectivement) mais pas de quoi inverser les tendances de fond ni effacer les baisses de prix. Conséquence probable de ces passages en ville, l’explosion des prescriptions hospitalières de médicaments dispensées en ville (PhMev) : +10% en décembre et +7,2% en 2018. A l’inverse, les chiffres de l’automédication stricte (non remboursable, non prescrit) continuent de baisser fortement : -4,3% en 2018. La fin de l’année 2018 a certes été pénalisée par une absence de pathologie hivernale, le seuil épidémique des syndromes grippaux n’ayant été franchi qu’à mi-janvier 2019, mais la tendance à la récession est plus profonde, en partie imputable aux mesures sécuritaires du gouvernement et, plus généralement, à l’absence de reconnaissance du « service médical rendu » par l’automédication…. Côté hôpital, la croissance à prix catalogue est négative aussi bien pour les produits « liste en sus » (-0,9% en 2018) que pour les produits GHS (-0,3%).Cette tendance s’est accentuée en fin d’année. Comme la consommation en UCD a plutôt augmenté, ce sont les effets prix qui expliquent la tendance baissière, avec notamment l’effet biosimilaire qui s’est fortement accentué en 2018 : alors qu’en 3 ans les infliximab biosimilaires lancés en 2015 ont pris 40% du marché, il n’a fallu qu’une seule année aux rituximab biosimilaires pour dépasser en volume la molécule originale. Petit à petit les biosimilaires s’installent dans le paysage même si la France reste plutôt en retrait par rapport à d’autres pays européens, notamment d’Europe du Nord.

  

 Le monde de la santé a donné un large écho au rapport de la « task-force » sur la « réforme des modes de financement et de régulation » des soins de santé en France dirigé par le Directeur de la DREES, Jean-Marc Aubert.
On en connait la philosophie : le rapport propose de substituer (partiellement) à des modes de rémunération essentiellement fondés sur l’activité (paiement à l’acte en médecine libérale et finance-ment aux GHS des hôpitaux) des « paiements combinés » faisant intervenir diverses formules, chacune répondant à un objectif précis et visant pour l’essentiel à améliorer la qualité et la pertinence des soins et à encourager la coopéra-tion entre professionnels de santé. Deux points que ne favorisent pas les modes de rémunération actuels trop verticaux.
Le rapport - qui reste très qualitatif – suggère de combiner quatre « véhicules de paiement », généralement sous forme forfaitaire, pour rémunérer : i) la qualité et la pertinence des soins; ii) le suivi des pathologies chroniques ;iii) « l’épisode » ou la « séquence » de soins d’abord de manière intra-hospitalière mais avec des extensions possibles à la ville (« bundle pay-ment ») : iv) « la structuration de services » de ma-nière à faciliter et rémunérer le travail pluridiscipli-naire en équipe.
Ces « véhicules » s’ajouteront à ceux qui existent déjà, notamment les paiements à l’activité qui ont vocation à diminuer mais pas à disparaitre (accompagnés d’une profonde réforme des nomenclatures), et les paiements « populationnels » pour les missions d’intérêt générale (MIG) et des activités comme la psychiatrie, les urgences, les soins de suite et de réhabilitation (SSR).
Ces pistes de réforme ont été plutôt bien accueil-lies dans leur principe, le rapport ayant l’habileté de les présenter sous l’angle exclusif de l’améliora-tion du « service rendu » à la population et non sous celui des économies budgétaires potentielles.
Si des économies étaient réalisées, elles ne seraient que le sous-produit le l’objectif principal de l’amélioration de la qualité des soins et de la coordination des acteurs.
Inversement, le rapport n’appelle à aucune créa-tion de ressources nouvelles. Il vise simplement à répartir de manière plus « vertueuse » les res-sources budgétaires limitées accordées chaque année au système de santé par le Parlement. Cela peut décevoir les hospitaliers qui réclament sou-vent à juste titre des mesures budgétaires immé-diates.

Le côté très conceptuel du rapport, qui en fait sa qualité, l’amène à discuter assez peu – voire pas du tout – des modalités concrètes d’application de ses recommandations. Plusieurs questions se posent néanmoins.
Le financement « à la qualité » est en réalité un financement à l’indicateur de qualité. Il est donc essentiel que soient définis des indicateurs significa-tifs, relativement peu nombreux, auxquels adhèrent les professionnels de santé et qui soient reconnus par les patients. Ce ne sera pas facile. La difficulté est encore plus grande s’agissant de la « pertinence des soins », encore plus délicate à définir et à mesurer. La pertinence est-elle définie a priori ou a postériori de l’exécution du soin ?

Les « véhicules » suggérés ne sont pas exempts d’ambiguïté : un paiement « sec » à l’épisode de soins peut être contradictoire avec l’objectif de qua-lité, notamment si le montant n’est pas calibré avec précision. Des indicateurs appropriés de qualité de-vront inévitablement être injectés dans tous les « véhicules », ce qui complique la tâche.
Un point essentiel est l’articulation des paiements « horizontaux » de type « bundle payment » et de la logique conventionnelle qui structure « verticalement » le monde libéral, où chaque profession négocie avec le payeur indépendamment les unes des autres, leur rémunération et leurs con-ditions d’exercice. Faut-il aller vers des conventions pluridisciplinaires avec l’épineux problème de la répartition des payements forfaitaires entre les différentes parties prenantes ?

Même remarque pour la régulation macro-économique avec un ONDAM découpé verticalement en différentes enveloppes « verticales » (hôpitaux, soins de ville, établisse-ments d’accueil pour les personnes âgées, handica-pées). Le rapport reconnaît cette difficulté et appelle à une « pluri-annualisation » de l’ONDAM ainsi qu’à « une fusion et/ou une redéfinition du périmètre de ses sous-objectifs ».
C’est une réforme majeure qui pourrait passer par une loi organique comme celle de 2005. Possible d’ici 2022 ?

Le rapport est principalement consacré aux établis-sements de santé, secondairement aux soins de ville et marginalement aux produits de santé. Il pose néanmoins comme principe que les « paiements combinés » doivent également s’appliquer aux produits de santé. Trois axes de réforme en décou-lent : « Développer le paiement à la qualité et la pertinence », « Elargir l’utilisation des indicateurs de prescription » et « Faire évoluer la prise en charge des produits onéreux dans les EDS ».
D’où des suggestions finalement assez classiques, comme encourager les contrats de performance avec le CEPS pour les innovations majeures, tracer l’usage des produits « en vie réelle », suivre les prescriptions individuelles dans le répertoire des génériques ou la liste de référence des biosimilaires, et développer des expérimentations article 51 portant sur la prescription des produits coûteux à l’hôpital.

Le rapport suggère également d’élargir la ROSP à toutes les spécialités médicales ainsi qu’aux établissements de santé et surtout au titre du troisième axe, de revoir les critères d’inscription sur la « liste en sus ».
Tous ces points sont légitimes mais certains se heurteront à de fortes contraintes de faisabilité : on sait que le CEPS n’est guère enthousiaste à l’égard des contrats de performance difficiles à négocier et à dénouer ; parmi les 54 « manifestations d’inté-rêt » retenues en septembre dernier dans le cadre des expérimentations article 51, assez peu impli-quent finalement le médicament ; si on s’accorde assez largement sur le caractère insatisfaisant des critères actuels d’inscription sur la « liste en sus », il n’y a guère de consensus sur leurs redéfinition, etc.
Autant de sujets susceptibles de nourrir les négociations sur le futur accord-cadre Etat-Industrie.