Le prix des médicaments en débat à l'Assemblée nationale

Les députés de la Commission des Affaires sociales ont auditionné hier pendant quatre heures les représentants des industriels (Leem), du Comité économique des produits de santé (CEPS), des associations et de différents spécialistes du secteur pharmaceutique sur la question du prix des médicaments. L'opacité des circuits de décision a notamment été dénoncée de manière récurrente, note Challenges. Les règles entourant la fixation des prix du médicament sont en effet complexes et le prix réel, négocié à l'issue de discussions entre le laboratoire et le CEPS, est protégé par le "secret industriel et commercial". D'où un casse-tête, que l'on retrouve d'ailleurs dans la plupart des pays européens: les prix des médicaments innovants doivent se situer dans une fourchette de prix de pays comparables, mais qui est calculée en fonction de prix théoriques, puisque les différents Etats ne donnent que leurs prix "faciaux". A cette opacité, s'ajoute la difficulté de calculer les coûts supportés par les industriels, dénoncée par Pierre Chirac, le directeur de publication de la Revue Prescrire. Afin de faire avancer la "démocratie sanitaire", les associations ont demandé de leur côté une représentation des patients et des professionnels de santé au sein du CEPS ainsi qu'une commission d'enquête du Parlement pour faire la transparence sur le prix des médicaments. Les laboratoires enfin ont invoqué les arguments contribuant à l'explosion des prix, en insistant sur les coûts de recherche et développement de plus en plus lourds.